mercredi 1 octobre 2014

Portrait robot de l'entreprise du futur: durable dans l'instable

Portrait robot de l'entreprise du futur: durable dans l'instable

L'entreprise du futur – 1 – Portrait robot de l'entreprise du futur: durable dans l'instable

Cet article est le premier d'une série dont la publication s'étalera sur plusieurs mois.

Comment caractériser le monde économique de demain ? En se contentant d'extrapoler, on pourrait insister sur trois aspects. Ce sera un monde ouvert, où l'accessibilité croissante des technologies permettra à de nouveaux acteurs d'investir des secteurs jadis protégés ; par conséquent une forme d'instabilité s'imposera. Selon les pays et les secteurs, l'évolution sera très variée dans sa rapidité et dans son intensité. Mais la vague numérique continuera à déferler sur le monde, et avec elle des innovations radicales redéfinissant en profondeur les marchés, les modes de production et le rôle des différentes parties prenantes.

La fin de l'avantage compétitif ?
Certaines de ces innovations se produisent sous nos yeux : nouveaux modèles d'affaires (gratuité et freemium, crowdfunding, innovation sociale, économie de la fonctionnalité), décentralisation de la production avec les makers célébrés par Chris Anderson, révolution des modes de distribution avec l'ogre Amazon et ses compères, bouleversement des règles de la propriété intellectuelle avec l'open source et les hackers… D'autres bouleversements sont à venir, certains déjà en germe, d'autres encore dans les limbes.

Même les secteurs jusqu'ici épargnés par la vague numérique commencent à s'inquiéter. L'industrie du luxe, qui a su protéger son pré carré et dont les grandes marques ont le vent en poupe, pourrait bientôt connaître des ruptures. Le spatial, longtemps monopole de facto de certaines agences publiques, s'ouvre désormais aux acteurs privés. L'automobile a entamé sa métamorphose et les nouveaux entrants comme Tesla mettent les constructeurs sous pression. L'ameublement, le BTP, l'agriculture, l'hôtellerie et la restauration sont déjà confrontés à l'arrivée de nouveaux acteurs, souvent inventifs, parfois voraces. Non que ces activités soient appelées à disparaître. Mais les chaînes de valeur se reconfigurent, faisant une place à de nouveaux venus, qui obligent les anciens à s'adapter, voire à se réinventer. Ce qui est arrivé à l'industrie musicale et à la presse, prises entre l'émergence de la gratuité et la puissance des géants du Net, est à cet égard emblématique.

La seule certitude, c'est l'aventure, au sens étymologique du terme : ad venturus, ce qui va arriver. Quelque chose, quelqu'un va arriver. Il ne s'agit plus seulement d'un concurrent, qui jouerait avec les mêmes armes que vous. Mais d'une disruption, d'un changement des règles du jeu, porté par un acteur radicalement différent – un collectif, un milliardaire aventureux, des hackers, mais aussi un petit entrepreneur ambitieux soutenu par des venture capitalists. L'accélérateur TheFamily, à Paris, a théorisé cette menace avec une formule emblématique : Les barbares attaquent !

L'entreprise du futur risque fort d'évoluer dans un monde où l' « avantage compétitif », fondement du succès depuis la fameuse théorie de Michael Porter, sera devenu une notion largement caduque. Rita Gunther McGrath, professeur à la Columbia Business School, est spécialisée en stratégie des entreprises en environnement volatil. Dans son livre The End of Competitive Advantage, elle explique que dans de nombreux secteurs, la numérisation a fait tomber les barrières à l'entrée et que tout relâchement dans l'innovation peut menacer une entreprise.

Dans ces conditions, la capacité de comprendre son environnement, de s'adapter, voire de se réinventer, sera plus que jamais un atout, conditionnant non pas seulement le développement mais la survie d'une entreprise. Il ne s'agit pas seulement de voir venir l'attaque, mais bien d'y répondre avec la bonne stratégie. Chacun a en tête la chute de Kodak, emportée par l'essor d'une technologie de rupture inventée par l'un de ses ingénieurs, mais que la firme de Rochester a refusé de développer pour ne pas perturber son activité la plus rentable, la pellicule argentique.

Ce qui est arrivé à Kodak est désormais un cas d'école, porteur d'une leçon ambiguë : le succès d'un modèle d'affaires est source de fragilité. À partir de quand, et jusqu'où, faut-il se détourner d'un modèle qui a fait ses preuves ? Cette question ne se posait jusqu'alors que lors de grandes réorientations stratégiques. Elle pourrait devenir permanente dans le futur.

La taille de la firme sera également un facteur important, ainsi que la forme de son actionnariat. On se souvient de la fragilisation des grands conglomérats à la fin des années 1970 et dans les années 1980. Si certains acteurs – pensons aux plateformes numériques comme Google ou Amazon – pourraient tirer parti de leur gigantisme, pour d'autres la taille ou la variété des activités pourrait se révéler un handicap. Comme le soulignait un rapport récent de McKinsey, les grandes firmes s'adapteront moins facilement. Mais les petites peuvent elles aussi être balayées, dès lors que l'un des géants du numérique se sera mis en tête de s'implanter dans leur secteur, comme le raconte Brad Stone dans The Everything Store: Jeff Bezos and the Age of Amazon.

Il y aura, comme toujours et plus que jamais, des perdants. Mais aussi des gagnants. Est-il possible aujourd'hui d'esquisser le portrait robot des entreprises qui auront su se développer dans ce nouvel environnement ? Quelques auteurs y réfléchissent. Leurs travaux, parfois controversés, peuvent nous guider.

La matière et les flux
Jeremy Rifkin évoque dans un livre récent une « troisième révolution industrielle » marquée par la convergence des technologies de la communication et des énergies renouvelables. L'économie industrielle associée à ce nouveau modèle ne serait plus fondée sur la production massive et centralisée de biens en grande série, mais sur une production distribuée, décentralisée, coopérative.

Sans forcément suivre Rifkin dont le propos n'est pas toujours très rigoureux, on peut considérer sérieusement certaines de ses intuitions, qui éclairent une partie des changements en cours. L'entreprise néo-tayloriste dont le modèle émerge dans les années 1970-1980 était fondée sur un certain imaginaire économique et social : l'accumulation individuelle de capital matériel. Elle avait vocation à nous fournir toujours plus d'objets, d'une qualité ou d'une sophistication croissante, pour un prix toujours plus bas. Un exemple achevé de cette stratégie serait le suédois Ikea, mais c'est dans l'automobile, avec les Japonais, qu'il a trouvé ses formules industrielles les plus intéressantes. Or ce modèle trouve aujourd'hui ses limites. Qui nous dit que la possession des objets restera notre idéal de vie ? En réalité, beaucoup de choses ont changé sans forcément que nous nous en rendions compte. La voiture, objet emblématique de la deuxième révolution industrielle, se partage ou se loue. Elle est de moins en moins considérée comme un bien et de plus en plus comme un service. Les biens produits en grande série par Ikea sont de plus en plus éphémères. On les achète, on les utilise, on les jette. L'horizon de la production de masse, aujourd'hui, ce ne sont pas des objets mais des flux, qui passent dans nos vies sans s'y arrêter très longtemps. Les livres électroniques et les films sont le symbole de ces nouveaux usages : nous les achetons, mais pouvons-nous dire que nous les possédons ? On les acquiert, on les consomme, mais ce sont des objets immatériels, stockés à distance. Avec Deezer et Spotify, certaines offres d'Amazon ou encore Netflix, nous ne possédons plus qu'un droit d'accès, certes quasi illimité, mais qu'on ne pourrait plus qualifier de propriété. Les objets connectés, eux, sont bien physiques. Mais ils trouvent leur valeur dans les données immatérielles qui les traversent, dans les systèmes d'information dans lesquels ils sont inscrits.

Les entreprises appelées à produire ces nouveaux biens-services, ces objets-flux, ne pourront plus concevoir leur activité comme les industriels et les fournisseurs de service d'aujourd'hui. Les nouveaux objectifs d'usage définiront de nouveaux modèles d'affaire, de nouvelles chaînes de valeur : les biens et services seront forcément intégrés. Bien rares seront les acteurs capables de tenir toute la chaîne. Les autres seront obligés de s'associer les uns aux autres, non plus verticalement, selon des relations de sous-traitance, mais horizontalement. L'entreprise du XXIe siècle sera fondée  sur la coproduction et l'accumulation collective de capital immatériel.

Le modèle Hollywood ou le capital relationnel
Pour passer avec succès d'un modèle à l'autre, il faudra redéfinir en profondeur la notion de performance. Car l'entreprise sera avant tout le membre d'un réseau, une co-entreprise, parfois même une fédération d'entreprises, un ensemble composite regroupé en cluster.

On ne classera plus les entreprises en fonction de leur taille petite, moyenne ou grande, mais en fonction de leurs liens plus ou moins étroits avec des réseaux d'entreprises de tailles éventuellement très différentes, qui s'associent entre elles afin de faire des affaires et créer de la valeur. Le modèle « Hollywood », dans lequel des entreprises se regroupent le temps de réaliser un film puis s'éloignent pour rejoindre un autre projet, permet de comprendre le nouveau paradigme : il s'agit de mutualiser et de coordonner des ressources matérielles, d'accéder à des compétences et des savoir-faire à moindre coût. Abriter le minimum de ressources tout en en garantissant l'accès à toutes : telle serait la recette. Cette évolution a commencé, et le modèle néo-tayloriste développé dans les années 1970-1980 s'efface déjà : dans un modèle collaboratif, il est vain de tout planifier et tout contrôler : l'organisation du travail et le management empruntent davantage au modèle des jeux qu'à l'imaginaire militaire qui les a longtemps imprégnés. Les relations de travail « à vie » n'existent plus et les collaborations ponctuelles se multiplient : les collectifs d'hier ont muté, et le concept même de salariat – qui avait fini par s'imposer au cœur de tout l'édifice du travail dans la société industrielle – devient flou.

Pour le projectiviste Denis Ettighoffer, « l'entreprise contemporaine devient une société relationnelle et doit à ce titre se constituer un capital relationnel. Les méthodes de production d'idées et de création de valeur conjuguée constituant l'économie collaborative n'ont rien à voir avec les méthodes traditionnelles de productivité. Dans l'entreprise en réseau, la logique des fonctions cède la place à une logique de la relation. L'expansion continue des connaissances provoque une rupture dans l'appréhension de la richesse. Ce qui crée de la valeur n'est plus la partie physique du travail mais la composante créatrice et relationnelle de l'activité de chaque opérateur humain. Accéder aux idées et aux connaissances pertinentes devient aussi vital que de disposer de matériaux rares ou même de capitaux car les connaissances permettent de remplacer telle ou telle ressource physique qui ferait défaut ».

Dans cette économie relationnelle, la circulation des savoirs et l'intensification des échanges sont la voie royale de création de valeur. Or ces échanges reposent sur une ouverture méticuleuse et systématique vers l'extérieur de l'entreprise, en se rappelant une loi empirique : 80% des innovations sur les processus viennent de l'intérieur de l'entreprise et 80% des innovations sur les produits et services proviennent des partenaires et des clients. Denis Ettighoffer met les dirigeants en garde : « trop souvent, l'utilisation des réseaux reste cantonnée au développement de la productivité plutôt qu'à l'élaboration de processus d'idéation, clé de la valeur ajoutée conjuguée ». La pollinisation des idées et des savoirs par les réseaux sera à l'avenir aussi importante que les gains de productivité de jadis. Ce sont les talents, l'imagination et la créativité qui priment, car tout le reste est irrémédiablement standardisé.

Dans la même veine, l'Américain Paul Romer, professeur d'économie à Stanford, a développé une théorie de l'économie des idées, sujette à de vives controverses, où les idées sont à l'origine d'une croissance au moins aussi spectaculaire que celle apportée par les gains de productivité obtenus par la systémique informatique. De ses travaux, il ressort que l'économie des idées est structurellement différente de celle des objets. La seconde, physique, finie, débouche sur la pénurie et les rendements décroissants. L'autre tire sa puissance et sa richesse de la possibilité illimitée de partage et d'amélioration incrémentale des idées, avec des rendements croissants. Cette valorisation du patrimoine immatériel, c'est ce que certains appellent l'économie quaternaire.

Organisation : l'essor prévisible de l'intrapreneuriat
Comment les entreprises pourront-elles survivre dans leur forme actuelle, alors que tous les fondements de leur existence sont sapés ? Elles sont déstabilisées par le numérique qui bouscule les frontières, celle qui sépare l'entreprise de son extérieur et celles qui séparent les fonctions au sein de l'entreprise. Aujourd'hui déjà, les usages privés des technologies de l'information s'immiscent progressivement dans l'entreprise, constituent un réseau de connaissance parallèle et mettent sous pression les hiérarchies traditionnelles. Des appareils numériques initialement conçus pour un usage domestique s'adaptent au marché professionnel, les employés construisent peu à peu un « Shadow IT » – une informatique parallèle – où chacun apporte et utilise son outil préféré en contournant la norme.

Enfin, la nouvelle organisation cherche à briser les silos, cherche à favoriser le travail « en mode start-up » et stimule l' « intrapreneuriat », pour pousser le salarié à agir en entrepreneur à l'intérieur même de son entreprise. Autre bouleversement architectural : dans l'entreprise intégrée au sein de l'économie de la connaissance, le pouvoir est entre les mains de ceux qui sont au contact des meilleures sources d'information extérieures à l'entreprise. La hiérarchie fordienne pyramidale, qui repose largement sur la rétention d'information, devient progressivement caduque car elle ralentit le flux des connaissances.

Certains experts avaient prévu de longue date les limites de l'entreprise fordienne classique et l'opportunité que représente le démultiplicateur numérique. John Hagel, un ancien stratège numérique de McKinsey, insistait dès les années 2000 sur la chute inéluctable du rendement des actifs des entreprises : 75% entre 1965 et 2010, malgré de spectaculaires hausses de la productivité. Hagel suggère donc d'éclater les entreprises en entités plus petites. Sur ce morcellement du tissu entrepreneurial, l'économiste Charles Handy avait développé dans les années 1980 le modèle du « trèfle à trois feuilles » pour décrire la silhouette  de l'entreprise du futur. La première feuille, c'est le cœur, avec un petit nombre de permanents, très qualifiés et très bien rémunérés pilotant les deux autres feuilles : d'une part le personnel flexible intérimaire à temps partiel et les sous-traitants, y compris les indépendants. Il s'agit en quelque sorte d'une entreprise sans personnel. Cette entreprise noue avec chaque cercle concentrique de partenaires des relations calibrées et on l'a donc parfois baptisée « nœud de contrats ». Dans ce modèle, le statut du travail est infiniment fragmenté.

Tout en prêchant l'adaptation, John Hagel exprimait des doutes sur le bien-fondé d'une intégration profonde des systèmes d'information : intégration entre front office et back office, coopération inter-entreprises, externalisation… Son argument : plus les systèmes sont intégrés, plus le risque d'erreur et son impact sur l'ensemble croissent. En outre dans un contexte de restructuration chronique, l'intégration informatique est un obstacle au changement. Pour John Hagel, qui ne néglige pas les effets délétères de la course en avant technologique, la solution, c'est la modularité, la déstructuration des organisations elles-mêmes en plus petites organisations spécialisées, autonomes, reliées aux autres par les « liens lâches » – en pratique, de simples interfaces standardisées. Voilà pour leur évolution interne.

Quel périmètre stratégique pour l'entreprise étendue ?
L'autre changement, c'est que l'entreprise sort de ses murs. Le fonctionnement en « entreprise étendue » se diffuse parce qu'il reflète bien la nécessité de prendre en compte les parties prenantes à la périphérie de l'entreprise. Le modèle partenarial destiné à favoriser la réalisation de projets est aujourd'hui revendiqué par des grandes entreprises dans leur relation avec leur écosystème de PME sous-traitantes. À l'extérieur, les entreprises seront performantes si elles savent s'entourer d'un écosystème robuste de clients, de fournisseurs et de partenaires, qui leur permet de se concentrer sur leur cœur d'activité.

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La question devient alors : comment définir le « périmètre stratégique » d'une entreprise, son « core business » ? Pour John Hagel, les activités stratégiques des entreprises relèvent de trois catégories : développer la relation client, innover dans les produits et services, mettre en place une infrastructure efficiente. Or, ces trois activités ont des objectifs et des contraintes qui ne sont pas toujours compatibles. Schématiquement, si ma priorité est la relation client, alors je veux maximiser le panier de vente moyen et donc proposer une très large gamme de produits, quitte à vendre des produits et services venant de partenaires. En revanche, si ma priorité est de construire une infrastructure efficiente, je dois me spécialiser dans un domaine particulier, afin de rentabiliser des investissements souvent importants, quitte à mettre en place un réseau de vente indirect pour trouver le plus grand nombre de clients intéressés par ma gamme restreinte de produits. Si je décide que mon entreprise sera innovante avant tout, je dois recruter des talents, verser des salaires importants et cultiver l'individualisme, ce qui sera exactement l'inverse des caractéristiques de mes employés si je suis orienté vers l'infrastructure.

Le mouvement perpétuel ?
Ces différents schémas d'activité stratégique pourraient constituer la trame du paysage industriel de demain. Ils ont en commun une attention extrême envers l'environnement extérieur, qui contraste avec les modèles managériaux du XXe siècle, concentrés sur ce qui se passe à l'intérieur de l'entreprise.

Il faut imaginer – c'est l'un des buts de la série d'articles que nous entamons ici – des dirigeants et des modes de management différents. D'ores et déjà la question se pose : cette attention constante portée à un environnement instable et volatile, est-elle tenable ? Rita Gunther McGrath, dans The End of Competitive Advantage, recommande une sorte de réorganisation perpétuelle comme garantie de la survie. Mais cette perspective a un air de déjà vu. On sait aujourd'hui les défauts de la « révolution permanente » érigée en modèle de management. Les trente dernières années ont vu la difficile mise en mouvement d'organisations qui, pendant des décennies, avaient fait d'une certaine stabilité la clé de leur expansion. Voyant dans cette culture de stabilité une forme de paralysie, certains dirigeants ont cherché à tout prix la « mise en inconfort » de leurs collaborateurs, avec des résultats parfois dramatiques.

Une des difficultés de l'entreprise du futur sera de garder le cap. On le voit avec les grandes figures des géants du net, qui ont avant les autres fait l'expérience d'un environnement hypervolatile. La plupart, de Steve Jobs à Jeff Bezos, sont des figures à mi-chemin entre le génie et le maniaque, ayant en commun d'épuiser leurs collaborateurs et de désorienter leur management. Un Bezos, par exemple, est à la fois fixé sur un objectif stratégique intangible et capable de bouleverser un grand projet en deux minutes. La mobilité permanente permet d'édifier des empires, mais elle n'est pas facile à vivre pour ceux qui y travaillent.

Il est parfaitement possible que les salariés du futur s'accommodent de cette mobilité généralisée, qui correspond aux valeurs et aux habitudes de la fameuse « génération y ». Dans ce cas, les projections de Rita Gunther McGrath pourraient définir un nouveau modèle, socialement accepté et économiquement efficace.

Mais il est possible, aussi, que cet idéal nomade se heurte à l'inertie du monde réel. Faut-il alors imaginer un monde à deux vitesses, avec des entreprises hyper-innovantes et d'autres réduites à la fourniture de biens et services sans grande valeur ajoutée, réduits à de simples commodities ? Ou un vaste mouvement de freinage réglementaire, traduisant l'incapacité des sociétés à accepter cette volatilité générale ? Une seule chose est sûre. Les tendances à l'œuvre sont puissantes, et le mouvement de destruction-création engagé avec la vague numérique vient seulement de commencer. Nous n'avons encore rien vu.


mercredi 10 septembre 2014

Série Robotique – 4 – Robots du quotidien



Série Robotique – 4 – Robots du quotidien


Cet article est le quatrième d'une série de sept consacrée à la robotique, série dont la publication s'étalera sur plusieurs mois.
Il y a des signes qui ne trompent pas. En 2013, Google rachète en moins d'un an les huit principales sociétés américaines et japonaises de robotique. En décembre 2013, sa dernière acquisition est l'emblématique Boston Dynamics, qui avait créé le chien robot « Big Dog » pour l'armée américaine, et début 2014 c'est le tour de Nest, leader mondial de la domotique et des objets intelligents. Si Google n'a jamais donné de raison officielle à cet investissement massif, nous pouvons toutefois oser quelques déductions réalistes.
Si l'on part du principe que Google est sur tous les fronts de l'avenir, alors nous pouvons admettre que le secteur de la robotique en est devenu un, et que la firme y voit un marché prometteur. Cela indique aussi que Google adapte la robotique à son cœur de métier, que l'on pourrait résumer par « connectivité ». L'entreprise considère sans doute que les robots, comme les smartphones, peuvent être commercialisés comme des plates-formes de produits et de services. Même si ce cycle de rachats est trop récent (et trop opaque) pour traduire une stratégie immédiatement tournée vers le grand public, il ne fait nul doute que Google compte à terme faire adopter ses robots par nos foyers.
Mais le géant de Mountain View n'est pas seul à considérer la robotique comme une branche clé de l'avenir. Plus discrets, mais tout aussi symptomatiques, des soutiens publics massifs aux Etats-Unis, en Asie et en Europe traduisent une récente focalisation des politiques de financement de la recherche. Aux Etats-Unis, c'est la nouvelle National Robotics Initiative : 38 millions de dollars au service des projets de robotique nouvelle génération. En Europe, Bruxelles vient tout juste d'annoncer que la Commission et 180 entreprises et organismes de recherche déclenchent, sous l'égide d'euRobotics, le plus ambitieux programme civil de recherche robotique du monde. L'initiative, dénommée SPARC, couvre l'industrie manufacturière, l'agriculture, la santé, les transports, la sécurité civile et les applications domestiques. Elle devrait porter la part de l'Europe dans le marché mondial à 42%. La Commission européenne investira 700 millions d'euros, et les organismes de recherche membres d'euRobotics 2,1 milliards d'euros.
Pour Raja Chatila, directeur de recherches CNRS à l'ISIR (Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique), le buzz médiatique se fait, depuis deux ans environ, le porte-parole souvent hâtif d'une réalité pourtant indéniable : « De vrais progrès techniques et scientifiques permettent des robots de plus en plus opérationnels. Simplement, on ne peut pas encore parler de foyers équipés en robots de service personnel, comme ils le seraient en électroménager. Ces produits n'existent pas encore sur le marché. Les robots envahissent moins les maisons que les salons professionnels de robotique, comme le Salon Irex de Tokyo, le CES de Las Vegas ou Innorobo à Lyon. »

Un robot dans chaque maison?
En 2014, le constat est ambivalent : d'un côté, rien n'existe vraiment. De l'autre, on peut se demander si les robots ne sont pas au fond déjà autour de nous. Le langage courant fait entrer de très nombreuses entités matérielles (objets) ou immatérielles (logiciels de trading par exemple) dans la catégorie du robot. D'ailleurs, la définition du robot est toujours débattue. Pour faciliter les choses, fondons-nous cette quadruple caractérisation : le robot est un objet matériel, capable de perception (grâce à des capteurs), de décision (grâce à des processeurs) et d'action (grâce à des moteurs). Mais là encore, cette définition communément admise ne règle pas tout ! En effet, faut-il conclure qu'un réfrigérateur, doté de ces mêmes fonctions de base (le thermomètre dans le rôle du capteur, le thermostat dans celui du décideur, et le compresseur dans celui de l'acteur), est un robot ? « En aucun cas, tout comme le métro autonome ou le pilote automatique d'avion », répond Raja Chatila, avant de préciser : « Ce serait trop simple et trop systématique. Pour moi, il y a robot là où l'environnement impose des paramètres complexes. Or le frigidaire n'agit pas sur l'extérieur. Le métro se déplace de façon linéaire et déterministe. Le pilote automatique n'a à considérer que le vent et des coordonnées ». Ainsi, la définition du robot se jouerait plutôt dans une continuité de la complexité. Plus le milieu est ardu, plus la faculté de perception est mise à l'épreuve. Les choix possibles augmentent, tout comme l'éventail d'actions.

À la maison, les robots ayant ce niveau d'autonomie sont encore rares. Le marché de la robotique personnelle, émergent et éclaté, est tiré par le robot-aspirateur, qui constitue aujourd'hui l'essentiel des ventes réalisées. Lui seul est actuellement capable d'éviter les obstacles nombreux et changeants au sol, de repérer le vide, d'enregistrer plusieurs types de trajets et de retourner à sa station de charge lorsque sa batterie est vide. Le leader incontesté est Roomba, produit-star de la société américaine I-Robot.
D'un point de vue culturel, que dit le succès de Roomba ? Que les humains, après mûre réflexion, acceptent volontiers d'être délestés d'une besogne qui fait mal au dos. Que sur le plan de la vie de famille, ils n'ont pas grand chose à craindre d'un robot-aspirateur. Que l'engin semble revenir au plus près de l'étymologie slave du mot : en tchèque, « robota » signifie corvée. Mais de l'aspirateur au compagnon humanoïde capable de vous apprendre une langue, il y a un monde. Et plus le robot domestique s'éloigne de sa fonction première d'esclave, plus son acceptation est difficile… Pourtant, en tant que « domestique assistant » les fonctions espérées par les roboticiens actuels laissent rêveurs : aux robots domestiques capables d'aspirer ou de tondre, il faut ajouter les robots compassionnels (robots compagnons), les robots d'assistance aux personnes en perte d'autonomie, les robots éducatifs, ou les robots ludiques ou les robots domestiques de surveillance.
L'essor de la robotique de service personnel s'écrit ainsi encore largement au futur. Qu'est-ce qui pourrait retarder son développement ? Les premiers freins ne sont pas seulement techniques, mais culturels.

Freins culturels
Bien avant leur irruption dans notre quotidien, les robots ont investi notre imaginaire. En Occident, où ils peuplent les mythes, la littérature, le cinéma, la musique, les arts plastiques et les jeux-vidéos, les robots sont encore souvent considérés comme des monstres technologiques capables de prendre la place de l'homme.

C'est que les robots portent en eux un attribut objectif : l'automatisme, qui, au fond, semble plus menaçant que l'autonomie, renvoyée à un horizon encore lointain. Aujourd'hui, ce n'est plus tant la révolte des robots qui effraie, que leur incapacité technique à réfléchir et délibérer. Le drone civil, appareil volant sans pilote, a déjà fait fureur dans le domaine des loisirs, comme en témoignent les centaines de milliers d' « AR.Drones » déjà vendus par le français Parrot. Mais quand une entreprise texane n'attend que le feu vert de la moindre société de sécurité privée pour produire Cupid, un drone Taser capable d'envoyer depuis les airs une décharge de 80 000 volts, on saisit mieux la nocivité aveugle dont le robot est capable. Cette crainte que les automatismes ne triomphent sur la conscience trouve aussi un terreau dans la culture dualiste occidentale, explique Jean-Claude Heudin, directeur de l'Institut de l'Internet et du Multimédia – Pôle universitaire Léonard de Vinci : « En Occident, la vie artificielle est réservée aux Dieux depuis l'Antiquité. En transgressant cet interdit, l'homme doit en subir les conséquences. Là où notre culture sépare dieu et l'homme, le corps et l'esprit, l'homme et la nature, l'artificiel et le naturel, la culture shintoïste japonaise ne connaît que des continuités. Les robots y sont considérés comme des sauveurs de l'humanité. »
Si on ajoute que les Nippons prêtent volontiers une âme aux objets, pas étonnant que le Japon soit friand des robots compagnons. Citons l'exemple de Paro, un phoque compagnon développé par le National Institute of Advances Industrial Science and Technology au Japon, et qui a beaucoup servi dans les traitements de stress post-traumatique causé par le tsunami de 2011. Si Paro a une apparence animale, on prête facilement au robot compagnon une forme humanoïde, afin de faciliter son insertion dans nos vies. Par ailleurs, le Japon est la nation la plus avancée en termes de robotique humanoïde : le robot Asimo d'Honda ou encore les plates-formes successives HRP en sont une bonne illustration.
Ces développements visent avant tout une optique de démonstration technologique, d'autant plus que les usages de la robotique humanoïde ne sont pas encore parfaitement cernés. La société japonaise Aldebaran Robotics (dont la R&D est en France) s'était déjà illustrée dans le développement de Nao, un humanoïde capable d'interagir, de se déplacer, de reconnaître des personnes et des objets. Si Nao est utilisé à plus de 5000 exemplaires dans 70 pays, pour les besoins spécifiques de la Recherche et de l'Education, NAO Evolution, lancé en juin 2014, compte « bien anticiper le développement d'applications inédites pour un public élargi aux entreprises et éditeurs de contenu ». Mais celui qui se fait actuellement le plus remarquer est le robot émotionnel Pepper. Développé par Aldebaran Robotics pour l'opérateur mobile japonais Softbank, il mesure 1,20m, a un ventre en forme d'Ipad et se déplace sur roulettes (les jambes ont été sacrifiées au bénéfice du prix de vente, envisagé à 2000 dollars). Une partie de l'intelligence de Pepper se trouve en réseau, ce qui permet de l'enrichir plus facilement. Pour Masayoshi Son, PDG de SoftBank, Pepper sait rendre heureux les humains. Alors en attendant son lancement commercial, il servira d'agent d'accueil dans les boutiques SoftBank de Tokyo !
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Nao
En Occident, l'humanoïde ne fascine pas encore autant le grand public. « L'analogie formelle avec l'humain nous fait certes encore peur », explique David Filiat, enseignant à l'Unité « Informatique et Ingénierie des Systèmes » de l'ENSTA ParisTech, « mais le vrai frein, c'est la technologie. »

Avec les humains
L'état des lieux technologiques de la robotique de service personnel fait émerger un profond changement dans l'articulation des fonctions du robot au monde humain. Longtemps imaginé et développé comme un suppléant de l'homme (accroître la productivité industrielle, atteindre un terrain impraticable), le robot est désormais abordé par la recherche comme un potentiel adjuvant. Le robot de service ne travaille plus « contre » ou à la place ». Il est amené à œuvrer de plus en plus « avec » le monde des humains.

Le Japon est le premier à opérer ce virage, pour des raisons moins culturelles que pragmatiques : le pays est exposé très tôt à des problèmes de natalité et au vieillissement de sa population. L'aide à la personne âgée devient vite une application centrale de la robotique de service personnel. Les projets sont innombrables. Au Japon, My Spoon de la société Secom compte aider les personnes âgées à s'alimenter. On retrouve cette idée dans « Bestic », un bras motorisé développé en Scandinavie avec l'aide de l'Union Européenne. Ces produits sont commercialisés depuis une dizaine d'années, à un prix encore discriminant. Parmi ces robots mono-tâche, citons encore les déambulateurs (MOBIRO) ou les fauteuils intelligents (Labs Autonomos), les prothèses intelligentes (JACO), les exosquelettes de membres inférieurs (REX) ou encore les robots d'aide à la rééducation (Lokomat).
Dans ce même domaine d'application, les chercheurs nourrissent de grands espoirs quant aux stations robotisées d'assistance par téléprésence. Levée de doute, stimulation cognitive, socialisation à distance, consultation médicale à distance… De très nombreux projets sont actuellement développés en Asie, aux Etats-Unis et au Japon : Equipé de multiples caméras, le robot Kompaï de Robosoft peut exécuter des tâches répétitives (comme apporter des médicaments à heure fixe), interagir avec la personne, détecter une anomalie ou alerter l'extérieur. Aux Etats-Unis, InTouch Health a développé RP-VITA, un robot de téléprésence permettant aux médecins, aux aides-soignants ou aux familles de s'occuper à distance de leur patient ou de leur proche.
C'est indéniable, ces systèmes d'assistance intelligents ont toutes les chances d'améliorer la qualité de vie de personnes dépendantes et de faciliter le maintien à domicile, toujours préférable. Cependant, ces engins sont encore à envisager comme des aides techniques complémentaires à une présence réelle. On l'a vu, il n'y a rien de plus difficile à recréer qu'une interaction « naturelle » entre robot et humain.  Dès lors, quoi de plus cruel que d'abandonner nos parents vieillissants à la compagnie et « l'humour » de Kobian, robot humanoïde spécialement codé pour faire rire les humains ? Si le robot maîtrise les composantes les plus répandues pouvant générer le rire (comportement, contexte, exagération, etc.), quid de la personnalité de son locuteur humain, de son âge, de son histoire, de son humeur du moment ?
Du sens de l'humour à celui de l'à-propos, en passant par la perception des situations et l'adaptation de ses mouvements, le robot domestique est encore en gestation. Or la capacité d'interactions avec les humains est en fait l'axe primordial de cette branche de la robotique.
Pour espérer l'amélioration de cet aspect social, le plus sûr serait sans doute de donner aux robots de véritables capacités d'apprentissage. Une créature capable d'apprendre au contact de ses « maîtres », qui eux, disposent d'une capacité générique à reconnaître sans effort les éléments de leur environnement. C'est la mission que s'est donnée la robotique développementale. En s'inspirant des études de biologie et de psychologie du développement humain, des équipes du monde entier (en particulier en Europe) se penchent sur la meilleure façon de doter les robots de la faculté de curiosité et d'apprentissage. Le projet européen RobotCub, par exemple, développe actuellement iCub, un robot de la taille d'un enfant de trois ans et demi. L'ensemble de sa conception matérielle et logicielle est en Open Source.
Mais appliquer une théorie de psychologie développementale à un robot demande une réflexion approfondie pour rendre opérationnelle une théorie souvent peu formalisée. Ainsi, note David Filliat, de l'ENSTA ParisTech : « L'inspiration de l'enfant n'est pas à sens unique. À l'inverse, la robotique développementale a également pour objectif de valider des théories d'apprentissage et de développement. »
Nous touchons ici à la vraie force des recherches actuelles en robotique de service personnelle : l'approfondissement de la connaissance du vivant. En attendant d'être utilisés par le grand public, les quelques robots de service personnel humanoïdes disponibles sont acquis par les universités et les laboratoires. Entre robotique et neuroscience, le va-et-vient est très fructueux. S'il ne parvient pas encore à toucher l'Homme, le robot améliore l'observation de modèles humains. En pédopsychiatrie, le robot Nao d'Aldebaran Robotics a été expérimenté dans la prise en charge des enfants autistes, qui ont moins d'appréhension à interagir avec une machine qu'avec les hommes. Sollicités par le robot, les petits patients ont même montré des capacités d'initiatives inédites. Dans les meilleurs cas, certains patients ont même fini par se tourner vers les soignants.
Loin de l'agresseur surarmé, du domestique pataud, du gadget lassant ou du clown pathétique, le robot de service personnel prend ici une envergure pour le moins inattendue : il sert de facilitateur entre les hommes.

mardi 26 août 2014

Got a Great Idea But Not the Time (or Means) to Develop a Product? | Entrepreneur.com



The idea engine keeps inventors, innovators and entrepreneurs in business. "Successful inventors accumulate over a thousand ideas in the course of bringing a creative concept successfully through the innovation process from an idea to market reality," Penn State professor Jack Matson wrote in his book Innovate or Die.

Yet everyday people also generate a steady flow of ideas from their everyday experiences. Daniel Burrus, in a blog post on The Huffington Post, suggested that useful ideas can come not only from inventors, innovators and entrepreneurs but also from anyone with in-depth knowledge or experience of a subject matter or domain.
On the heels of successful TV programs such as Shark Tank, Damon D'Amore created the Beverly Hills-based WayFounder, born out of the idea that not all idea generators desire to become CEOs of a startup. During a recent Money Talk radio interview, he explained to me that in his experience, many people have ideas "but very few wanted to take the life risk inherent in going to try to launch a startup."
"Good ideas come from everywhere," D'Amore wrote on the WayFounder blog. "However, for most people, without a full-time commitment there are few great options for turning their ideas into a successful product or business." So he created WayFounder to serve those with a great idea but no domain expertise or people with domain expertise but no desire or time to launch a startup.

"Say you are a high school track coach but you have an idea for a great dog toy," said D'Amore."Wonderful!" I'd like "to give you cash right now and reward you for your idea."
D'Amore will provide funding to domain experts in the dog-toy category -- people who know how to design, produce and market dog toys. If the product is successful, the idea generator will be rewarded with royalties and a stake in the company.
WayFounder receives ideas through a quarterly competition; the ideas for products and apps are evaluated by a panel of judges (from various industries) according to specific criteria.
Each quarterly competition has at least one winner, who's granted a $10,000 cash prize, as much as $50,000 to bring that product to market and a 5 percent royalty fee on all sales (if the product makes it to market).
If the product is successful, WayFounder will invest an additional $250,000 to hire an experienced CEO to build the business from producing the single product into a viable and sustainable operation. The inventor receives 5 percent founder equity in the new company.

While many crowdsourcing platforms and shows require inventors to share their ideas with the public, at WayFounder the ideas are vetted by industry professionals with domain expertise and ideas are kept private. Only the WayFounder team and the judges view the submissions.
WayFounder provides a cash payment up front. When the product reaches the market, WayFounder provides revenue-sharing and equity participation.
With WayFounder focused on early-stage ideas, a participant might have a concept but not have invested any meaningful time or money in its development. These participants don't have the luxury of dropping everything in life and committing full-time to building a business.
Entrepreneurs may take issue with WayFounder's business model, seeing it as a way of making off with great ideas at a fraction of their true value.
D'Amore defends WayFounder's business model, noting that some idea generators may also be entrepreneurs. "Other folks are just great idea people," he said. "And if you are not an entrepreneur, it's OK to say, 'I'm an idea generator.'"
Although crowdfunding sites can provide entrepreneurs with money to finance projects, the challenge for many is that they are left on their own to figure out how to bring a product to market. The hurdles faced by the inexperienced can include figuring out how to obtain legal protection, identify manufacturers, build websites, develop necessary technology and create a marketing and sales plan.
D'Amore believes that as many crowdfunding efforts fail because would-be entrepreneurs don't fully understand what it takes to start a company. "People who don't know anything about fulfillment, delivery, manufacturing -- they go over their costs. They think they can just call somebody in China, order a product, and it just magically appears here."
To get WayFounder off the ground, D'Amore raised venture funds last year (to support its operations, competitions, investing in winning ideas and funds scaling those ideas).
In mid-August, WayFounder announced the winners of its first quarterly competition. in the home and garden category, a mobile app idea for brides and a parenting product.
As the late comedian Robin Williams once said, "No matter what people tell you, words and ideas can change the world." D'Amore and WayFounder have created a mechanism that provides everyday people with a platform to put their ideas into action and change the world – while earning a reward for their effort.





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jeudi 12 juin 2014

Le capital du XXIe siècle : Croissance, mythes et réalités - AgoraVox le média citoyen





Le capital du XXIe siècle : Croissance, mythes et réalités

Difficile depuis quelques semaines de ne pas avoir entendu parler du livre de Thomas Piketty, le Capital du XXIe siècle. Qu'y dit-il à propos de la croissance ?

Tout d'abord, avant d'entrer dans le vif du sujet, une des premières bones surprises à la lecture du livre de Thomas Piketty est son regard distancié et souvent critique sur ses confrères, les économistes.
Laissons-lui la parole avec trois citations :
« Disons-le tout net : la discipline économique n'est toujours pas sortie de sa passion infantile pour les mathématiques et les spéculations purement théoriques, et souvent très idéologiques, au détriment de la recherche historique et du rapprochement avec les autres sciences sociales. Trop souvent, les économistes sont avant tout préoccupés par de petits problèmes mathématiques qui n'intéressent qu'eux-mêmes, ce qui leur permet de se donner à peu de frais des apparences de scientificité et d'éviter d'avoir à répondre aux questions autrement plus compliquées posées par le monde qui les entoure.  »
« L'expérience de la France à la Belle Époque démontre si besoin est le degré de mauvaise foi atteint par les élites économiques et financières pour défendre leur intérêt, ainsi parfois que par les économistes, qui occupent actuellement une place enviable dans la hiérarchie américaine des revenus, et qui ont souvent une fâcheuse tendance à défendre leur intérêt privé, tout en se dissimulant derrière une improbable défense de l'intérêt général.  »
« Je n'aime pas beaucoup l'expression « science économique », qui me semble terriblement arrogante et qui pourrait faire croire que l'économie aurait atteint une scientificité supérieure, spécifique, distincte de celle des autres sciences sociales. Je préfère nettement l'expression « économie politique », peut-être un peu vieillotte, mais qui a le mérite d'illustrer ce qui me paraît être la seule spécificité acceptable de l'économie au sein des sciences sociales, à savoir la visée politique, normative et morale. (…) Trop longtemps, les économistes ont cherché à définir leur identité à partir de leurs supposées méthodes scientifiques. En réalité, ces méthodes sont surtout fondées sur un usage immodéré des modèles mathématiques, qui ne sont souvent qu'une excuse permettant d'occuper le terrain et de masquer la vacuité du propos.  »
Daniel Kahneman a déjà mis l'accent sur ce danger d'une application simpliste des mathématiques, notamment en insistant sur le fait que nous sommes des « Humans » et non pas des « Econs » (voir mon article consacré à ce point : Arrêtons de diriger en croyant le monde peuplé d' « Écons » !).
J'ai moi-même, à de multiples reprises, expliqué que l'art du management avait peu à voir avec les mathématiques, et davantage avec la philosophie et l'histoire (voir par exemple « Philosophie et histoire sont plus utiles que les mathématiques pour diriger dans l'incertitude  »)
Rassurant de voir que Thomas Piketty, tout en s'appuyant sur de nombreux calculs, ne croît pas que la vérité va miraculeusement en surgir…
Croissance de la production et croissance de la population
Venons-en donc maintenant au thème de la croissance. Que dit-il à son sujet ?
D'abord une remarque de bon sens, mais qui est souvent ignorée : le premier moteur de la croissance est l'expansion démographique.
Aussi, pour parler de la croissance et analyser sa dynamique, il faut d'abord commencer par étudier la croissance démographique : en effet si la population s'accroît de 1%, tout croissance de la production inférieure à 1% représente en fait une régression par habitant.
Donc comment la population mondiale a-t-elle évoluée depuis l'antiquité ?
Pourquoi partir de si loin ? Car c'est bien un des enseignements les plus fascinants de ce livre, c'est la longueur des séries historiques, qui permet de remettre en perspective nos réflexions.
Qu'en dit-il ?
« Quelles que soient les imperfections des sources historiques et des estimations de la population mondiale à ces deux dates, il ne fait donc aucun doute que la croissance démographique moyenne entre l'an 0 et 1700 était nettement inférieure à 0,2 % par an, et très certainement inférieure à 0,1 %.  »
Tout change ensuite.
« Conséquence de cet emballement démographique : le taux de croissance de la population au niveau mondial atteint au XXe siècle le chiffre record de 1,4 % par an, alors qu'il n'avait été que de 0,4 %-0,6 % aux XVIIIe et XIXe siècles.  »
Du coup, on peut alors accéder au calcul de la croissance par habitant, c'est-à-dire celle qui mesure la progression du revenu individuel, et donc la vitesse de transformation d'une société.
« Au niveau mondial, la croissance moyenne de 0,8 % par an de la production par habitant entre 1700 et 2012 se décompose en à peine 0,1 % au XVIIIe siècle, 0,9 % au XIXe siècle et 1,6 % au XXe siècle. En Europe occidentale, la croissance moyenne de 1,0 % entre 1700 et 2012 se décompose en 0,2 % au XVIIIe siècle, 1,1 % au XIXe siècle et 1,9 % au XXe siècle. Le pouvoir d'achat moyen en vigueur sur le Vieux Continent a tout juste progressé entre 1700 et 1820, puis a été multiplié par plus de deux entre 1820 et 1913, et par plus de six entre 1913 et 2012. »
Donc plus d'un siècle de quasi stagnation, puis une accélération depuis 1820, et surtout depuis 1910.
Croître de 1,5% par an, c'est grandir de plus de 50% en 30 %
Quelques premiers commentaires sur la croissance.
Quand nous nous émerveillons de la croissance américaine, et que nous nous lamentons sur l'atonie en Europe, nous oublions que l'essentiel de l'écart est dû à la différence entre les dynamiques démographiques : si les États-Unis croissent plus vite que nos vieux pays, c'est d'abord à cause de la croissance de la population. Voilà qui donne une nouvelle saveur à tous les discours qui veulent limiter l'immigration…
Mais l'essentiel dans l'analyse de Thomas Piketty est ailleurs, elle est dans son affirmation que le rythme normal de la croissance de production par habitant se situe autour de 1 %, et que la croissance à long terme dans les pays avancés ne peut pas être supérieure à 1,5% :
« Qu'importe le détail de ces chiffres : le point important est qu'il n'existe aucun exemple dans l'histoire d'un pays se trouvant à la frontière technologique mondiale et dont la croissance de la production par habitant soit durablement supérieure à 1,5 %. (…) Sur la base de l'expérience historique des derniers siècles, il me paraît assez improbable que la croissance à long terme de la production par habitant dans les pays les plus avancés puisse être supérieure à 1,5 % par an. Mais je suis bien incapable de dire si elle sera de 0,5 %, 1 % ou 1,5 %. Le scénario médian présenté plus loin repose sur une croissance à long terme de la production par habitant de 1,2 % par an dans les pays riches, ce qui est relativement optimiste par comparaison aux prédictions de Gordon (qui me semblent un peu trop sombres), et en particulier ne pourra se produire que si de nouvelles sources d'énergie permettent de remplacer les hydrocarbures, en voie d'épuisement. Mais il ne s'agit que d'un scénario parmi d'autres.  »
Est-ce si grave ? Est-ce que cela veut dire que nous sommes condamnés au déclin ? Non, bien au contraire, car :
« La bonne façon de voir le problème est là encore de se placer au niveau générationnel. Sur trente ans, une croissance de 1 % par an correspond à une croissance cumulée de plus de 35 %. Une croissance de 1,5 % par an correspond à une croissance cumulée de plus de 50 %. (…)
Il s'agit d'une différence considérable avec les sociétés du passé, où la croissance était quasi nulle, ou bien d'à peine 0,1 % par an, comme au XVIIIe siècle. Une société où la croissance est de 0,1 % ou 0,2 % par an se reproduit quasiment à l'identique d'une génération sur l'autre : la structure des métiers est la même, la structure de la propriété également. Une société où la croissance est de 1 % par an, comme cela est le cas dans les pays les plus avancés depuis le début du XIXe siècle, est une société qui se renouvelle profondément et en permanence.  »
Certes, certes, mais nous sommes bien loin du discours des politiques qui rêvent d'une croissance supérieure à 2%, ce qui, vu notre stagnation démographique en Europe, serait donc hors de portée.
Mais pourtant nous avons connu dans le passé, une telle croissance. Ah, ses merveilleuses Trente Glorieuses…
Croître plus vite pour reconstruire et rattraper
Si un rythme de croissance « normale » par habitant est de 1 à 1,5% par an pour une économie développée, pourquoi avons-nous connu au cours des années appelées les Trente Glorieuses une croissance beaucoup plus rapide ? N'étions-nous alors pas développés ?
Pas exactement… mais oui d'une certaine façon. En effet, si les économies européennes étaient déjà dès les années cinquante, sophistiquées, elles venaient de subir le double choc des deux guerres mondiales. Elles avaient donc accumulé pendant la période 1914-1945, un retard de croissance important : les Trente Glorieuses ne seraient qu'un phénomène de rattrapage.
« Une fois ce rattrapage terminé, l'Europe et les États-Unis se sont retrouvés ensemble à la frontière mondiale, et se sont mis à croître au même rythme, qui est structurellement un rythme lent à la frontière. »
Selon Thomas Piketty – et les données venant à l'appui de ses propos sont convaincantes –, pas grand chose donc à voir avec un quelconque meilleure efficacité économique. Nous n'avons pas alors eu une croissance rapide parce que nous étions plus performants qu'aujourd'hui, mais simplement parce que nous rattrapions notre retard et reconstruisions notre pays.
A l'appui de sa thèse, il montre qu'il y a une corrélation directe entre l'importance du taux de croissance par habitant pendant les Trente Glorieuses, et le taux de destruction et de préjudice subi précédemment : l'Europe croît beaucoup plus vite que les États-Unis (attention en mesurant ceci par habitant, car la croissance des États-Unis totale était, elle, importante, parce que tirée par l'expansion démographique), et au sein de l'Europe, l'Europe continentale plus vite que le Royaume-Uni.
Il en arrive à conclure que ceci n'a rien à voir avec la politique suivie alors :
« Il est probable que la France, l'Allemagne et le Japon auraient rattrapé leur retard de croissance à la suite de l'effondrement des années 1914-1945, quelles que soient les politiques suivies, ou presque. Tout juste peut-on dire que l'étatisme n'a pas nui. »
Symétriquement, il en vient à douter de l'impact des politiques libérales développées aux États-Unis et en Angleterre à partir des années 80. Constatant le retard de croissance, ces deux pays ont changé de politique au moment où le rattrapage était terminé, et du coup l'écart de croissance entre eux et l'Europe continentale a disparu… non pas parce que ces politiques libérales étaient plus efficaces, mais simplement parce que le retard accumulé à cause des deux guerres avaient été effacé .
Finalement, il en arrive à douter de la validité de toute corrélation entre le type de politique menée et la croissance observée.
« Aujourd'hui encore, dans ces deux pays (États-Unis et Grande-Bretagne), on considère souvent que les révolutions conservatrices ont été un franc succès puisque les deux pays ont cessé de croître moins vite que l'Europe continentale et le Japon. En vérité, le mouvement de libéralisation entamé autour de 1980 de même d'ailleurs que le mouvement d'étatisation mis en œuvre en 1945 ne méritent ni cet excès d'honneur ni cet excès d'indignité. De même, une fois que la frontière mondiale était rattrapée, il n'est guère étonnant que ces pays aient cessé de croître plus vite que les pays anglo-saxons, et que tous les taux de croissance se soient alignés. (…) En première approximation, les politiques de libéralisation ne semblent guère avoir affecté cette réalité toute simple, ni à la hausse ni à la baisse.  »
Et nous retrouvons avec une France qui rêve de revenir à l'interventionnisme étatique et des pays anglo-saxons chantres de l'ultra-libéralisme, les uns et les autres leur attribuant des vertus qu'ils n'auraient pas !
Attention à ne pas en conclure qu'il n'y a aucun lien entre politique publique et performance économique…
Diriger par émergence s'applique aussi à la politique
Nous voilà donc avec une affirmation plus que troublante : la performance économique d'un pays ne dépendrait que bien peu de la politique menée par ceux qui le gouverne.
Avant de modérer ce propos, et de revenir sur les limites à lui apporter, je veux d'abord relever que ceci est très directement en ligne avec nombre de constats faits dans le management des entreprises, et au premier chef par Daniel Kahneman : un dirigeant qui réussit est d'abord un dirigeant qui est à la tête d'une entreprise qui réussit et se trouve porté par des vagues favorables.
Cela fait écho à cette histoire fameuse dans la culture chinoise, où un grand général apprend qu'il a gagné des batailles d'abord parce qu'il était à la tête de la meilleure armée, et secondairement à cause de ses propres décisions. Écho aussi à Léon Tolstoï qui, dans Guerre et Paix, montre comment la campagne de Russie de Napoléon Bonaparte fut essentiellement le fruit du hasard. (voir mon article « Le succès d'un champion est d'abord dû au hasard, et secondairement à son talent  »).
Que nos hommes politiques, comme les dirigeants d'entreprises, apprennent donc d'abord l'art de la modestie.
Mais est-ce à dire que quel que soit son leader un pays va réussir ou échouer, à cause des circonstances ?
Certainement pas !
Comme je l'ai expliqué longuement dans mon dernier livre, Les Radeaux de feu, l'acceptation du dépassement et le passage au management par émergence, ne sont pas le renoncement au management. Ils impliquent un nouveau mode de management, fait de leadership, de capacité à trouver des points fixes sur lesquels caler sa stratégie, mettre en place des organisations simples où chacun comprend son rôle et celui des autres, développer une culture faite de confiance et confrontation :
« Chacun est riche de sa personnalité, de son histoire, de ses compétences, de ses rêves, de ses envies, de sa compréhension. La cohésion de l'ensemble résulte de processus subtils, tissés de confiance et confrontation, associant lâcher-prise, vision commune, geste naturel et prise d'initiatives. Aussi pour faire que ce radeau collectif ne soit pas le jouet des événements, et que ce ne soit pas le fleuve et les éléments qui choisissent sa destination, l'art du management doit être également subtil : il ne peut être question pour le dirigeant de se voir ni comme une reine véhiculée et protégée passivement par ses troupes, ni comme un Dieu tout puissant, sachant tout et décidant de tout. À lui et à son équipe de direction de trouver le cap, de faire que la rivière devienne fleuve, d'apporter confiance et stabilité, de créer les conditions pour que chacun puisse effectivement agir individuellement et collectivement… Pour cela, il doit agir dans le non-agir, décider par exception, accompagner et soutenir, jamais ne cesser de vouloir mieux comprendre et apporter du sens.  »
Alors, et alors seulement, les processus émergents feront que les actions collectives sauront tirer le meilleur parti des situations et des opportunités.
Quand je regarde comment nos pays, et singulièrement la France, sont dirigés, je ne peux que constater que nous en sommes loin…
Apprendre à vivre durablement avec une croissance d'environ 1%
Si le politique n'est pas sans prise sur ce qui se passe dans son pays, il n'en reste pas moins soumis aux lois globales de l'évolution. Un bateau ne peut pas faire fi du cours du fleuve… Il est donc essentiel de le comprendre et de l'intégrer.
Or en matière de croissance, les prévisions de Thomas Piketty pour les décennies à venir ne nous dessinent pas un futur porté par une forte croissance, du moins dans nos pays occidentaux.
En raisonnant d'abord sur la croissance par habitant, il prévoit pour la période 2012-2100 :
- 1,2 % pour les pays les plus riches (Europe occidentale, Amérique du Nord, Japon),
- La poursuite du processus du convergence jusqu'à 2050 pour les autres pays avec une croissance de 5% puis 4% ; et à partir de 2050, un croissance de 1,2%
Soit en moyenne : « Dans ce scénario médian-optimiste, la croissance mondiale de la production par habitant dépasserait légèrement 2,5 % par an entre 2012 et 2030, puis de nouveau entre 2030 et 2050, avant de tomber au-dessous de 1,5 % après 2050, et de se diriger vers 1,2 % dans le dernier tiers du siècle. »
En intégrant les prévisions démographiques, il obtient comme prévision pour la croissance mondiale totale, un ralentissement progressif depuis le taux actuel de 3,5%, à 3% en 2050, et 1,5% à la fin du siècle.
Notons qu'il considère ceci comme un scenario optimiste :
« Elle suppose une continuation sans heurt politique ou militaire du processus de convergence des pays émergents vers les pays riches, jusqu'à son terme vers 2050, ce qui est très rapide. Il est aisé d'imaginer des scénarios moins optimistes, auquel cas la courbe en cloche de la croissance mondiale pourrait tomber plus vite et vers des niveaux plus bas que ceux indiqués sur les graphiques.  »
Inutile de prendre à la lettre ces prévisions – d'ailleurs Thomas Piketty lui-même attire l'attention des lecteurs sur le fait qu'il ne s'agit que de scenarios de cadrage –, l'important est de retenir les ordres de grandeur, et notamment que le plus probable est que, pour les décennies à venir, la croissance dans nos pays d'Europe se situera guère au-dessus de 1%.
Comme déjà indiqué, cela ne correspond en rien à une stagnation, mais imaginer que l'on pourra grâce à une politique volontariste – qu'elle soit d'inspiration libérale ou étatiste –, renouer avec des taux de croissance de 2, voire 3% est très probablement illusoire.
Ceci rejoint plusieurs articles que j'ai publié ces dernières années sur mon blog, dans le Cercle Les Échos et Sur AgoraVox (voir notamment "Le meilleur est improbable, mais il n'est pas hors d'atteinte" paru en 2012)
Nous devons donc nous organiser pour vivre et prospérer avec ce niveau de croissance. Pour un pays comme la France, cela renforce la nécessité d'entreprendre le plus tôt possible des transformations structurelles : nous ne règlerons pas nos problèmes de chômage et d'endettement public grâce à une croissance revenue miraculeusement.
Et si jamais le futur était meilleur, il serait alors très facile d'y faire face !